Arrêter le cannabis avec le CBD

Personne roulant un joint de cannabis- Arrêter le cannabis avec le cbd

Qu’est-ce-que le cannabis ?

Le cannabis est une plante originaire d’Asie centrale ou d’Asie du Sud. Les plantes riches en fibres et pauvres en Tétrahydrocannabinol (THC*) sont appelées « chanvre » ou « chanvre agricole » tandis que les variétés riches en THC sont appelées « chanvre indien » ou cannabis.

Le cannabis se présente sous plusieurs formes : fleurs, feuilles, résine ou huile et enfin de façon plus marginale, le cannabis peut aussi être incorporé dans des préparations alimentaires tel les gâteaux / space-cakes ou pris en infusion. Sous forme de fleurs ou de résine, il est généralement fumé sous forme de joints*.

Le cannabis peut être utilisé à des fins récréatives (recherche de sensation de « high ») ou thérapeutiques (une expérimentation sur 3000 malades sera réalisée en France dès janvier 2021).
Le cannabis est une plante psychoactive, c’est-à-dire qu’elle modifie la perception, l’humeur, altère la conscience. Aussi, le cannabis est classé en France comme stupéfiant /drogue.
Le principal constituant psychoactif est le delta-9-tetrahydrocannabinol* ou THC en abrégé. Le tétrahydrocannabivarine (THCV) est aussi un autre cannabinoïde psychoactif mais il ne se trouve qu’en faibles quantités.[1]

Le cannabis sous forme d'huile, de spacecake ou de chocolat

La concentration moyenne en THC de la fleur de cannabis est de l’orde de 11% en 2018 tandis que celle de la résine est en moyenne de 26,5%. La concentration en THC des résines a triplé en quinze ans et celle de l’herbe a augmenté de 40% sur cette même période.[2]

* Avertissement concernant le cannabis / THC / joints:
Nous ne faisons pas de publicité pour le cannabis / THC. Nous ne recommandons pas son utilisation.

Les effets du cannabis :

> À court terme :

À dose importante, le THC provoque l’ivresse cannabique caractérisée par le sentiment d’euphorie et de bien-être physique. Elle s’accompagne d’une dissociation d’idées, d’erreurs d’appréciation du temps et de l’espace (baisse de la vigilance). Les perceptions sensorielles sont accrues et généralement agréables.[3]
Dans les cas de bad trip, dûs parfois à des surdosages ou alors des sous-dosages[4], on observe une angoisse intense, des tremblements, des sueurs froides, paranoïa, ect…[3]

> À long terme :

Les symptômes à court terme sont toujours présents : désorganisation de la mémoire, altération du jugement, difficultés à se concentrer… Aussi, les sujets ayant consommé régulièrement du cannabis à l’adolescence présentent un déclin significatif du quotient intellectuel.[4a]

À long terme, le cannabis a des effets nocifs : troubles de l’humeur, risque d’addiction, décrochage scolaire.[1]
Le cannabis, en particulier chez les adolescents, entraîne une tendance plus élevée à des troubles de la santé mentale : psychose, schizophrénie, dépression.[1]
Les symptômes tel les difficultés à se concentrer, les troubles de la mémoire et le retrait social peuvent être les premiers signe d’une schizophrénie. La schizophrénie est le plus souvent diagnostiquée tardivement, souvent lors d’une crise de pensées délirantes.

À long termelorsqu’il est fumé, le cannabis peut provoquer aussi diverses maladies respiratoires.

[3] https://www.psychologueparis-7.fr/addiction-au-cannabis/

[4] https://www.dinafem.org/fr/blog/manuel-eviter-bad-trip-cannabis/

[4a] https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/7886-Cannabis-les-effets-sur-le-long-terme-desormais-connus

Avertissement concernant le THC :
Nous ne faisons pas de publicité pour le THC. Nous ne recommandons pas son utilisation. Nous citons uniquement les études scientifiques.

La dépendance au cannabis 

On parle de dépendance, quand le besoin de répéter la consommation vient satisfaire un manque et qu’il se reproduit de plus en plus souvent. La consommation de cannabis prend de plus en plus de place.
La dépendance au cannabis concerne 10% des consommateurs de la plante, chiffre pouvant atteindre 16% pour ceux ayant débuté adolescents et la moitié des consommateurs quotidiens sont dépendants.[5]

Les symptômes de l’addiction au cannabis :

– Le consommateur perd le contrôle sur sa consommation et augmente progressivement les doses.
– Le cannabis prend une part de plus en plus importante dans sa vie.
– Le sujet réduit ses activités extra-professionnelles et remplit de moins en moins ses obligations scolaires ou professionnelles.
– Le consommateur continue sa consommation malgré la reconnaissance des aspects négatifs sur sa vie.

> Lorsque la dépendance s’installe :

Le sevrage du cannabis

Des symptômes de sevrage du cannabis surviennent chez la moitié des personnes sous traitement pour des troubles liés à l’usage du cannabis[6] : à toute tentative de sevrage et d’arrêt du cannabis, le corps réagit au manque avec de la nervosité, de l’irritabilité (72% des cas), de l’agitation, des troubles du sommeil (68% des cas), de l’anxiété (76%) et de la dépression (59%), des douleurs gastro-intestinales et une diminution de l’appétit ou perte de poids.[6][7]

Certains sujets expriment des besoins irrépressibles de consommer (craving en Anglais). Le sevrage du cannabis est long et peut être difficile mais il ne présente pas danger.[6]

Les traitements de l’addiction au cannabis

A l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement médicamenteux spécifique pour aider au sevrage du cannabis[8] [9] . Des anxiolytiques sont utilisés pour les manifestations anxieuses mais ils ne sont pas dénués d’effets secondaires.
Un accompagnement en thérapie comportementale individuelle et/ou de groupe et dans les cas graves une hospitalisation.

[8] https://www.docteurbagot.com/dependances/cannabis-dependance-et-sevrage/

[9] https://www.cochrane.org/fr/CD008940/ADDICTN_medicaments-pour-le-traitement-de-la-dependance-au-cannabis

Les effets du cannabidiol (CBD) sur la dépendance au cannabis

Le cannabidiol (CBD) est une molécule issue de la plante de chanvre (cannaibis sativa L.) , au même titre que le THC mais elle présente la particularité d’être totalement dépourvue d’effets psychotropes.

Arreter le cannabis grâce au cannabidiol

Les études cliniques des effets CBD sur l’addiction au cannabis

Une première étude de mai 2015 [10] de l’université de Montréal parle du CBD en ces mots « Des études précliniques suggèrent que le CBD peut avoir des propriétés thérapeutiques sur la dépendance aux opioïdes, à la cocaïne et aux psychostimulants, et certaines données préliminaires suggèrent qu’il pourrait être bénéfique dans la dépendance au cannabis et au tabac chez l’homme. »
Dans cette étude, un test clinique a été réalisé sur une femme de 19 ans dépendante du cannabis, qui a souffert de symptômes de sevrage lorsqu’elle a tenté de cesser de consommer du cannabis. Du cannabidiol lui a été donné pendant 11 jours: 300 mg le 1er jour, 600 mg du jour 2 au jour 10 et enfin 300 mg le 11ème jour. Des évaluations quotidiennes utilisant la liste de contrôle des symptômes de sevrage du cannabis, l’inventaire de l’anxiété de Beck et l’inventaire de dépression de Beck ont montré une diminution rapide des symptômes de sevrage, conduisant à un score de zéro dans tous les tests au jour 6. Un suivi de 6 mois a montré une rechute de la consommation de cannabis, mais à une fréquence moindre (une à deux fois par semaine contre 7 jours par semaine).

L’étude conclut que « le CBD possède plusieurs propriétés thérapeutiques qui pourraient indirectement être utiles dans le traitement des troubles de la dépendance, comme son effet protecteur sur la vulnérabilité au stress et sur la neurotoxicité. »

Une deuxième étude, publiée en décembre 2015[11], porte elle aussi sur un seul patient : un homme de 27 ans. Il est diagnostiqué bipolaire de longue date et avec une dépendance quotidienne au cannabis. Le sujet présentait un comportement instable, de l’anxiété, des heures de sommeil changeantes et de l’irritabilité.
De l’huile de CBD a été ajouté à son traitement habituel avec une posologie de 24mg/jour au début du traitement puis 18mg/jour ensuite. Grâce au CBD, le sujet a déclaré être moins anxieux et avoir des heures de sommeil fixes. Il est aussi devenu plus sociable avec sa famille et ses amis.
Avec une posologie à 18 mg de CBD par jour, le patient a été en capacité de ne pas reconsommer du cannabis.

L’étude indique rapelle également que « des études cliniques ont montré que le CBD permet une diminution de l’anxiété, une amélioration du sommeil et d’autres effets neuroprotecteurs. »
L’anxiété et les troubles du sommeil sont de symptômes importants de la dépendance au cannabis et l’effet neuroprotecteur agirait de façon multifactoriel (mémoire, motivation…).

Le CBD pour réduire sa consommation de cannabis

Les deux études précédentes portaient sur un seul individu, ce qui potentiellement permettait d’avoir des indices mais pas des résultats déterminants. En octobre 2020, le Lancet a publié une étude[12], de plus d’un an et réalisée en double-aveugle sur 48 participants présentant une addiction au cannabis.
L’objectif principal de l’étude était d’identifier la dose de cannabidiol la plus efficace pour réduire la consommation de cannabis. (Les sujets n’avaient pas de désir d’arrêter ou de baisser leur consommation).

Pendant 4 semaines, 12 personnes ont reçu du placébo, 12 ont reçu 200mg de CBD, et 12 : 400mg et 12 : 800mg de CBD. Au cours des résultats intermédiaire le CBD en dosage 200mg a été abandonné de l’étude car jugé inefficace pour réduire la consommation de cannabis. Les dosages de CBD de 400mg et de 800mg ont été jugé efficaces comparé au placébo en réduisant l’effet du THC et baissant la consommation de cannabis de l’ordre d’une demi-journée par semaine.

Un médicament prometteur… au CBD

Une étude française de L’INSERM de 2017 [13] sur « le cannabis et les cannabinoides », indique que « de nombreuses études ont constaté que le niveau de CBD peut également avoir un impact important. Le CBD peut avoir un effet protecteur contre certains effets psychologiques négatifs du THC. Il  est capable de bloquer au moins certains des effets indésirables liés au THC ».

Une étude récente de 2019 [14], confirme que « le CBD bloque la capacité du THC à sur-stimuler  l’hippocampe (joue un rôle central dans la mémoire)  et ainsi prévenir ses effets secondaires négatifs. »

Une étude australienne datant de juillet 2019[15], intitulée « Le Sativex pour le traitement à dépendance au cannabis », réalisé avec un médicament dénomée Sativex composé de CBD et de THC avec un ratio proche de 1:1.
Durant 12 semaines, les participants ont eu des examens cliniques hebdomadaires, du soutient psychologique et ont eu des doses de médicaments (le Sativex) flexibles – jusqu’à 32 pulvérisations par jour (tétrahydrocannabinol, 86,4 mg et cannabidiol, 80 mg), délivrées chaque semaine.

Il a été constaté que le groupe placebo a significativement plus de jours de consommation de cannabis au cours des 12 semaines que le groupe ayant pris du SATIVEX avec une différence estimée à 18,6 jours.
Cette étude démontre que le traitement par SATIVEX, en combinaison avec des interventions psychosociales est une approche sûre pour réduire la consommation de cannabis chez les personnes dépendantes au cannabis qui recherchent un traitement.

En conclusion, des recherches doivent encore être menées sur l’usage de CBD en lien avec le TDAH, car ce dernier est complexe et semble mettre plusieurs éléments en lien, dont une défaillance au niveau de la dopamine. Quoiqu’il en soit, le CBD influence positivement les symptômes, rendant le trouble plus vivable chez le malade.

Comment prendre du CBD

Deux méthodes sont particulièrement efficaces pour prendre du cannabidiol : la vaporisation de fleurs de CBD, avec une utilisation et une gestuelle proche de la consommation de cannabis* et l’huile de CBD.
La prise sous forme d’huile est très pratique, à transporter, et elle est également facilement dosable. Il vous suffit de placer quelques goûtes sous la langue, pendant un peu plus de trente secondes. Bien que le cannabidiol n’ait pas d’effets secondaires, il est conseillé de commencer par la dose la plus faible puis d’augmenter progressivement la dose jusqu’à obtenir l’effet désiré.

 

* Avertissement concernant le cannabis :
Ne pas fumer. Nous ne faisons pas de publicité pour le cannabis. Nous ne recommandons pas son utilisation. 

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